La Cendre
Personne ne sait exactement quand le ciel est devenu gris.
Ça a commencé par un silence. Puis une poussière fine s’est mise à tomber, sans jamais s’arrêter. En quelques saisons, les champs sont morts, les rivières sont devenues grises, et ceux qui sont restés dehors ont changé.
On les appelle la Horde. Personne ne sait ce qu’elle veut. On sait seulement qu’elle suit le bruit et qu’elle ne se fatigue jamais.
Les derniers vivants se sont réfugiés là où il restait du fer, du feu et un toit : les gares.
C’est dans l’une d’elles qu’on a retrouvé le train.
Le Dernier Train
Ce convoi n’a jamais été fait pour sauver qui que ce soit.
C’était un train de fret, oublié sur une voie de garage. Mais il roulait encore.
Et tant qu’il roule, la Horde ne le rattrape pas.
Alors on y a fait monter tout le monde. Douze wagons. Une centaine de places. Une locomotive qui brûle tout ce qu’on lui donne, et qu’on doit nourrir sans jamais s’arrêter.
Chaque wagon a vite eu ses règles, ses chefs et ses secrets. La Locomotive décide de la vitesse. Le Tender garde le carburant. La Première classe garde ses privilèges. La Sécurité tient les portes. Les Dortoirs sont les plus nombreux, et ils le savent.
Une seule voix porte jusqu’au dernier wagon : celle de l’Annonceur. Qui tient le micro raconte au train ce qu’il doit croire.
Le train ne s’arrête que dans les gares en ruine, quelques minutes, le temps d’y chercher du carburant, des pièces et des médicaments. Il ne t’attendra pas.
Le Terminus
Au bout de la ligne, il y aurait un endroit qu’on appelle le Terminus.
Certains disent que c’est une cité encore debout. D’autres que c’est un piège, ou un mensonge de la Première classe. Personne n’en est revenu pour le dire.
Ce que l’on sait : le train roule vers lui, pendant tout l’événement. S’il y arrive, il y aura des survivants. Reste à savoir lesquels.
« Ne regarde pas en arrière. »